Chien : Né avec un sacré nez ! 1/5


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Bingo passe ses promenades la truffe au ras du sol ? Lola repère un reste de kebab à 100 mètres ? Kiki sent qu’une femelle est en chaleur dans le voisinage à peine la porte de l’appartement franchie ? Normal ! Nos toutous ont un sacré flair !

Leur truffe, qu’elle soit noire, marron ou parfois d’un beige rosé pour cause de dépigmentation, est constituée d’un épiderme épais et d’un derme ne contenant pas de follicules pileux, c’est pourquoi elle n’a pas de poils. Sans vouloir entrer dans trop de détails anatomiques, une fois inspiré, réchauffé et «dépoussiéré», l’air se divise et, suivant la voie empruntée, est traité différemment. Une partie va apporter l’oxygène nécessaire au chien en passant dans ses poumons. L’autre partie va être dirigée vers une zone tapissé de muqueuse pour y être «analysée».

Cette muqueuse contient quelques 230 millions de cellules sensorielles olfactives chez Montmirail le chien de Saint Hubert, 220 millions chez Teddy le labrador et 200 millions chez Rex le berger allemand. Chez Speed le fox terrier ou Grosdur le bulldog, on compte encore quelques 100 millions de ces cellules. En comparaison, vous et moi en avons à peine 5 petits millions, une misère ! Ce qui explique pourquoi nos toutous repèrent des milliers d’odeurs dont nous n’avons même pas idée…

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Les particules odorantes contenues dans l’air aspiré par la truffe sont presque instantanément analysées puis les informations triées : celle-ci appartient à mon maître, cette autre à un inconnu ; celle-ci indique qu’il y a quelque-chose de comestible pas loin, cette autre que c’est du plastique ; celle-ci correspond à un pipi d’un mâle, cette autre à celui d’une femelle, etc.

Un chien est ainsi capable de reconnaître l’odeur de ses maîtres entre mille autres et de suivre sa piste sur des kilomètres pour peu qu’il ait été éduqué/dressé à le faire. Si, si, même Lord le Yorkshire et Hortense le chihuahua ! Chaque chien a naturellement les capacités pour y parvenir mais, sans entraînement, beaucoup ont tendance à se laisser distraire par d’autres effluves et à «oublier» ce qu’ils cherchaient. Un pipi de femelle, une tranche de pizza, un lièvre et voilà notre chéri-bibi qui a «perdu» notre trace.

Labradors, chiens de Saint Hubert et bergers allemands sont les races le plus fréquemment entraînées à travailler avec des équipes de recherche de personnes portées disparues, qui se sont égarées, qui ont fugué ou qui sont en fuite. Ils peuvent également être amenés sur des scènes de crimes, pour tenter de donner une piste aux enquêteurs. Il y a deux techniques principales pour faire travailler ces chiens.

Dans la première, appelée pistage, on fait sentir au chien un vêtement ou objet ayant appartenu à la personne qu’il doit retrouver et on le fait «se balader» dans la zone de recherches jusqu’à ce qu’il repère des molécules odorantes correspondantes (chaque être humain en sème des millions sur son passage), qu’il pourra ensuite suivre à la trace si les conditions sont favorables (un fort vent peut les disséminer trop rapidement).

La seconde méthode, appelée questage, est employée lorsqu’on ne sait pas précisément qui l’on recherche et qu’on n’a pas d’odeur de référence à faire sentir au chien. Par exemple, après la découverte d’un cadavre, on peut tenter de retrouver la piste du meurtrier mais sans posséder d’objet lui ayant appartenu ou, s’il y a eu une avalanche ou un éboulement, on cherche n’importe quelle personne ensevelie. Le chien est alors laissé relativement libre de ses mouvements et il va sillonner un périmètre défini ; il a été entraîné à repérer toute trace d’odeur humaine, puis à la suivre. C’est une sorte de quadrillage du terrain en quête de particules odoriférantes qui peut aboutir… ou pas, car il n’y pas toujours d’humain à secourir dans la zone de recherche délimitée.



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