Anticiper c’est bien, mais pas toujours


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Si Cookie est un gros gourmand qui a déjà un ou deux kilos en trop d’après vous (et cinq ou six d’après le véto), et qui a tendance à dénicher le moindre morceau de kebab, de sandwich ou de pizza qui traîne à des kilomètres à la ronde, vous avez sans doute déjà expérimenté ça: dès que votre œil détecte un reste de nourriture au sol alors que vous promenez Popeye en laisse, vous tirez plus ou moins légèrement sur la laisse pour changer votre trajectoire et éviter que votre chien se fasse un petit encas. Vous avez anticipé et c’est parfait, vous pensez à sa ligne et, même si cela le frustre, ce n’est pas très grave.

Si Popeye a tendance à avoir peur des gros chiens et, par réaction, à tirer sur sa laisse et à leur aboyer dessus comme un fou, vous avez sans doute le même réflexe. Dès que vous repérez un gros chien, le stress monte, vous avez peur que Popeye se donne en spectacle et passe pour un chien agressif, vous assurez mieux la laisse dans votre main afin de ne pas risquer de lâcher lorsque, déchaîné, il tirera dessus, et vous tirez énergiquement sur la laisse pour changer votre trajectoire et éviter que Popeye ne croise de trop près le gros chien qui risque de poser problème. Ou, si Popeye est un mini chien, vous le prenez dans vos bras. C’est une réaction normale et usuelle, mais elle n’est pas forcément la plus appropriée car elle peut renforcer la peur des gros chiens chez Popeye.

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Mettez-vous à sa place un instant et « réfléchissez » à la façon chien…

Popeye :

« Oh quelles bonnes odeurs je flaire sur ce chemin, délicieux… Un parfum inconnu ici, une senteur que je croise chaque matin-là… »

« Oups, ma maîtresse (ou mon maître) a tendu la laisse et fait un double tour autour de sa main (ou elle/il m’a pris dans ses bras). Il se passe quelque chose. Je sens son inquiétude. Il doit y avoir un danger pour qu’elle/il réagisse ainsi. Quel danger ? Je regarde autour de moi et je vois un gros chien. Je ne les aime pas, j’en ai un peu peur et je constate que ma maîtresse/mon maître non plus ne les aime pas, elle/il doit en avoir peur, il faut que je nous protège… Je vais aboyer et prendre l’air méchant.»

« Le chien effrayant est parti, je sens que la laisse se relâche (ou qu’on me repose par terre), ma maîtresse/mon maître est moins stressée, on reprend la promenade… Super, j’ai bien fait mon boulot! »

Bien entendu, le chien ne pense pas aussi précisément, ce sont des sensations, mais votre inquiétude  peut provoquer/renforcer celle de votre chien. Vous avez peur… qu’il aboie et se montre agressif. Mais ça, Popeye ne le sait pas. Lui il ressent votre stress de par votre attitude et sa compréhension de la situation s’arrête à « vous avez peur ». Et quand le chien « dangereux » est parti, vous allez mieux (forcément, vous n’avez plus peur qu’il aboie), et Popeye le ressent, l’interprétant comme un éloignement de l’objet de tous les dangers, c’est-à-dire le grand chien.

Dans ce cas-là, votre anticipation du risque renforce le problème au lieu de le résoudre.

Il a plusieurs méthodes pour éviter ce renforcement négatif.

Si, chaque matin, vous savez que vous allez croiser un ou plusieurs grands chiens, tenez la laisse fermement tout au long de la promenade. Ça évitera que Popeye ressente la pression si vous resserrez votre prise au moment où vous apercevrez un gros chien.

Evitez de prendre votre loulou d’amour dans vos bras. C’est le pire !

Prévoyez un petit sachet avec des friandises que Popeye adooooore et que vous réserverez exclusivement à cet usage ; il faut que ce soit son caviar à lui !

Si vous voyez un gros chien approcher, ne tentez pas de l’éviter, mais arrêtez-vous si possible légèrement en retrait et offrez une ou deux friandises à Popeye. Prenez une voix de jeu (un peu plus haut perché que d’habitude) et interagissez avec lui. Peu importe ce que vous direz, c’est la voix qui importe. Que vous disiez « on va croiser un gentil grand chien qui ne va pas te manger et qui pourrait même devenir ton copain si tu ne lui aboies pas dessus » ou «Hakouna matata, et rond et rond petit papapon, am stram gram pic et pic et colégram » ne change rien… Il faut que Popeye vous sente détendue et d’humeur joueuse. Vous pouvez rire ou sourire, ça renforcera le côté positif de cette rencontre.

Si vous connaissez une personne ayant un gros chien, vous pouvez aussi travailler avec eux en vous croisant plusieurs fois de suite et en appliquant la technique de la friandise et de la bonne humeur.

Au bout d’un certain nombre de rencontres à friandises (il en faut quand même pas mal, surtout si ça fait des années que ce comportement est en place), Popeye devrait faire l’association suivante : Grand chien = friandise, miam-miam, j’en salive d’avance.

Si Popeye n’est pas un gourmand, sa balle ou son doudou préférés peuvent très bien remplacer les friandises.



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